Solitude 2017: chronique n°1

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Depuis quelques jours, un groupe de 10 candidats de la Province de France a rejoint le Canada et le site d’Oka, bien connu de nos fidèles lecteurs (cf. Solitude 2014 !). Ils ont rejoint les « solitaires de la Province du Canada pour un nouveau temps de formation spirituelle, pédagogique, historique en vue de devenir sulpiciens.
Je me propose de publier ici les chroniques régulières que je recevrai tout au long des 5 prochains mois. L’auteur de celle-ci est un solitaire « français », le P. Jean-Marie Brauns. Les solitaires prendront la plume à tour de rôle.

Les photos montrent la maison où vivent les « solitaires », le presbytère d’Oka, propriété de la Province sulpicienne du Canada. En cette saison, la neige recouvre tout et le lac gelé supporte une route remplacée par un bac le reste de l’année.
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Chroniques solitaires I, du 8 au 18 février 2017

Prima lectio brevis.
Les chroniques solitaires : ceux qui vivent la Solitude expliquent la Solitude à ceux qui savent ce qu’est la Solitude. Nous aurions dû être seize, mais nous ne sommes que quinze, à cause d’un refus de visa. Au pluriel, nous sommes Béninois, Camerounais, Colombiens et Congolais utriusque. À l’unité : Argentin, Canadien et Togolais, ainsi que deux hybrides Colombo-Brésilien et Batavo-Français. Aucun asiatique, au grand regret de Diane, toujours émue au souvenir de son « chinois préféré » (M. Jean Han Panlu**, Solitude 2014). Directeurs de la Solitude 2017 : Mgr Georges Soubrier** et M. Argiro Restrepo*.
Avec des degrés variés de courage, les confrères originaires de pays chauds affrontent le climat canadien. Tous, nous nous plions aux coutumes du pays, tantôt avec un sourire, tantôt avec des interrogations, toujours avec une exemplaire obéissance. La cuisine locale est copieuse et généralement appréciée. La ville de Montréal n’a guère la beauté ni les charmes de Paris, domicile d’au moins la moitié des solitaires, et leur impose une sorte de pénitence visuelle pendant les fins de semaine. Le cadre d’Oka, en revanche, ravit tout le monde, même si tous ne participent pas aux heures de marche quotidiennes (argirothérapie).
Après l’atterrissage à Montréal, quatre jours au GSM ont permis aux solitaires venus de Paris de récupérer du décalage horaire. La première semaine à Oka a servi à faire connaissance entre nous, à régler quantité de questions pratiques et à découvrir, grâce à l’expertise de M. Guy Guindon*, l’histoire et la mentalité du peuple canadien de langue française et de foi catholique. Les jeudi et vendredi, M. Marcel Demers* nous a exposé et commenté, avec une fierté non dissimulée, le propre liturgique de la Compagnie.
Le premier week-end a été marqué par les obsèques de M. Robert Mercier*, célébrées le samedi 18 février à la basilique Notre-Dame. Le défunt a certainement apprécié la présence de toute la Solitude à cette occasion. Les candidats parisiens avaient déjà concélébré la messe en mémoire de M. Henri d’Antin**, l’avant-veille du départ en Solitude. Les solitaires prient le prochain sulpicien à mourir de bien vouloir prendre son temps. M. Bernard Pitaud** est d’ores et déjà arrivé au GSM. Il nous partagera l’essentiel de ses connaissances sur l’école française de spiritualité au cours des deux semaines à venir.
* : PSS, province du Canada
** : PSS, province de France