Merci aux Soeurs de la rue du Regard (Paris)

Arrivées en 1954, les Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus quittent la Maison de la rue du Regard à Paris. Le 30 juin 2018 une messe d’action de grâces célébrée dans la chapelle de la Maison réunissait les autorités de la Congrégation des FCSCJ et de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, d’autres soeurs, sulpiciens, amis, membres du personnel de la maison, étudiants, etc.
Ci-dessous, le mot d’accueil et l’homélie du Provincial de France.

Mot d’accueil

Avec Sr Jeanine et le Conseil provincial de votre Congrégation, et en accord avec vous Sr Roger, Sr Marie-Joël et Sr Bernadette, il était bien clair qu’il ne s’agissait pas aujourd’hui de faire une fête pour marquer votre départ ! Le cœur n’y est pas : ce n’est pas une fête, nous sommes bien d’accord. En revanche, vous nous avez permis de vous dire merci, ou plus exactement, de dire merci à Dieu pour votre Congrégation des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus. Si mes comptes sont bons, depuis 1954, en 64 années donc, 21 sœurs de votre Congrégation ont reçu comme mission de venir en communauté ici, dans cette maison de la rue du Regard qui est la Maison générale de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, et la Maison provinciale pour la Province de France. Je ne mentionne pas les autres sœurs qui sont restées ici pour un temps de service ou d’études, sans être officiellement nommées membres de la communauté. 21 : cela parait peu au regard de toutes ces années… Remarquez, si toutes avaient été comme Sr Roger, on ne parlerait pas de 21 sœurs mais de 3 seulement !

Je remercie très sincèrement Sr Hélène, Supérieure générale, Sr Jeanine Sourice, Supérieure provinciale de France, et Sr Jocelyne, conseillère, et votre actuelle responsable, d’être présentes aujourd’hui au nom de la Congrégation. Je remercie les autres sœurs membres du Conseil Provincial, celles du Conseil général et de la Communauté de Montgeron, et tout particulièrement celles qui, anciennes de la Maison, ont pu répondre à l’invitation de partager ce moment avec nous. Le P. Witherup, Supérieur général de la Compagnie, les confrères de la Maison et de la Paroisse, quelques candidats étudiants sont présents également. Je remercie aussi tout particulièrement pour leur présence le P. Jean-Pierre Dugué, ancien économe de cette maison, M. Michel Marguet, ancien économe provincial adjoint et son épouse, M. Vincent Noailles, actuel économe provincial adjoint et son épouse, et vous tous ici présents, personnels, étudiants, résidents, amis de notre maison et de nos sœurs.

J’ai reçu des messages : de M. Maes qui s’excuse pour son absence, retenu par une importante réunion de famille, de Sr Marguerite Audebert, ancienne de la maison actuellement à Valence d’Albi, des confrères sulpiciens du séminaire d’Issy les Moulineaux, en session de fin d’année, du P. Molac et d’autres confrères sulpiciens, retenus pour diverses raisons. Ils sont de tout cœur avec nous, avec vous, en cet instant.

Je suis trop long… Et ce n’est qu’un début ! Alors entrons dans cette célébration d’action de grâces, en nous tournant vers le Seigneur, en gardant « au cœur le souvenir de ses merveilles », en lui confiant nos communautés, nos personnes, notre désir de faire sa volonté toujours. Confions-nous à sa miséricorde en reconnaissant aussi que nous sommes pécheurs.

Homélie:

Textes du jour : Lam 2, 2.10-14.18-19 ; Mt 8, 5-17

Sr Thérèse Bodineau – Bernard de l’Immaculée,
Sr Marie-Thérèse Gaborit – Roger Marie,
Sr Marie Bodet – René de Saint-Louis,
Sr Augustine Lefort – René St Augustin,
Sr Marguerite Grellier – Marie des Anges,
Sr Jeanne Gatard – Louis du Rosaire,
Sr Christine Martin – Thérèse du Cœur de Marie,
Sr Germaine Duret – Marie Josèphe des Anges,
Sr Marie-Thérèse Cailleau – Marie-Thérèse du Sauveur,
Sr Marie-Anne Merceron – Henriette Marie,
Sr Germaine Moisan – Marie Germaine,
Sr Céline Hébrant – Vincent de l’Immaculée,
Sr Marie-Thérèse Bressolette – Marie-Thérèse des Anges,
Sr Edmonde Moyon – Marie-Dominique de Jésus,
Sr Jeanne Vivion – Jeanne de Notre-Dame,
Sr Blanche Legendre – Saint-Christophe,
Sr Marguerite Audebert – Marguerite André,
Sr Monique Mignot – Germaine de l’Immaculée,
Sr Marie-Josèphe Cesbron – Marie Joël,
Sr Camille Prudhomme – Louis Marie de Jésus,
Sr Bernadette Cailleau – Marie Bernard de Jésus.

Après les Lamentations, la litanie ! Les sœurs que je viens de nommer (certaines sont connues par leur nom de baptême, d’autres par leur nom de religieuses : j’espère que chacun et chacune s’est reconnue ou a reconnu ses sœurs préférées !), les sœurs nommées donc ont un jour reçu comme obédience de venir vivre et servir en communauté dans cette Maison des Pères sulpiciens, devenue pour la Congrégation des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus leur Communauté du Regard, à Paris.

64 ans de présence et de service. Je ne sais pas dans quel ordre disposer les deux termes de cette proposition : 64 ans de présence et de service, ou 64 ans de service et de présence ? Les deux en tous cas ! Les deux revêtent pour les sulpiciens qui aujourd’hui vous remercient une très grande importance.

Présence et service. Selon l’usage en vigueur dans les séminaires, beaucoup de religieuses ont rendu d’immenses services dans ces maisons où sont formés les futurs prêtres : cuisine, accueil, linge, administration, etc., etc. Elles remplissaient là le rôle de ces femmes dont parlent le Nouveau testament à propos de celles qui secondent les apôtres dans leur vie quotidienne et, par là-même, dans leur mission. Elles remplissaient là, bien souvent aussi, un rôle maternel et bienveillant très complémentaire de celui des formateurs eux-mêmes, très réconfortant et si utile pour l’équilibre humain. Que de services effectivement rendus dans nos maisons d’hommes célibataires, pas toujours bien dégourdis pour un certain nombre de choses de la vie quotidienne !

Service. Oui, assurément, mais pas seulement. Au fur et à mesure que, l’âge venant, malgré les renouvellements de personnes, les activités et services rendus à nos maisons s’adaptaient, on a pris plus conscience de l’importance de « la présence ». La présence de la vie consacrée féminine dans une maison de formation sacerdotale est éminemment précieuse. Cette présence est bonne pour le moral des troupes, c’est entendu, mais elle contribue aussi à la formation des futurs prêtres et pasteurs de l’Eglise. On a pris plus conscience de cela au fur et à mesure que les communautés religieuses quittaient les séminaires, faute de vocations suffisantes pour maintenir leur présence en ces lieux. Une présence qui est signe de la vie consacrée. Une présence qui est signe d’une certaine simplicité évangélique. Une présence qui est signe de la sensibilité féminine dans les communautés chrétiennes, et qui obligent les ours mal dégrossis que peuvent être les prêtres, parfois, à faire attention, au sens de « être attentifs », à apprendre un peu de délicatesse, de courtoisie, de sensibilité, si ces qualités ne leur sont pas naturellement données avant. L’expérience montre que cette expérience peut se révéler fort précieuse ensuite dans le ministère…

Notre maison à nous, ici, n’est plus un lieu de 1ère formation sacerdotale depuis très longtemps. Elle l’a très peu été en fait. Par contre, elle est une communauté de vie pour un certain nombre de sulpiciens, de prêtres étudiants et, jusqu’à l’année dernière, de jeunes étudiants laïcs. Elle est aussi un lieu d’accueil à Paris pour un certain nombre d’ecclésiastiques de tous rangs, venant du monde entier. Les sœurs qui servent dans cette maison lui ont permis de remplir ses missions complexes. Dans l’ombre le plus souvent, dans une quantité de détails pris en charge par elles, sans que personne ou presque ne s’en rende compte…

« Mes yeux sont usés par les larmes, mes entrailles frémissent ; (…) ‘Où sont le froment et le vin ?’ » entendions-nous tout à l’heure dans la lecture du livre des Lamentations… Je crains que très vite, dans quelques jours, la maison ne soit parcourue de tels cris, de telles interrogations… On réalisera plus encore, et mieux encore, combien les sœurs vont nous manquer. Pas seulement pour le froment et le vin, mais pour ce que vous êtes mes sœurs, tout simplement…

Dans l’évangile, Jésus admire la foi d’un homme, un centurion romain, un païen pour Israël. Et bien permettez-moi mes chères sœurs, au nom de la Province et de notre Maison, de vous dire notre reconnaissance : merci pour votre foi, pour votre témoignage de foi, pour votre esprit de service, de disponibilité, de simplicité et de charité : au service de tous, dans la relation avec les Pères sulpiciens, avec les étudiants, prêtres et laïcs accueillis dans cette maison, avec le personnel qui travaille ici, à la cuisine, à la buanderie, dans l’administration de la maison, etc. Ces jours-ci, ils vous ont montré avec beaucoup de gentillesse et de générosité leur reconnaissance. Je vous dis celle des sulpiciens de la Province, avec force et sincérité. Permettez-moi de vous demander de continuer de prier pour nous. Je vous assure que nous ne vous oublierons pas. Merci à votre Congrégation pour avoir consacré tant de sœurs, pendant tant d’années, au service de notre Maison. Le « Bon Dieu vous le rendra », comme on dit ! Soyez assurées, Sr Jeanine et vous toutes mes sœurs, que les sulpiciens prient et continueront de prier pour vous aussi ! Confions au Seigneur l’action de grâces que nous voulons exprimer aujourd’hui. Il est le Seigneur et le maître de nos vies, de nos vocations, de nos instituts, de l’Eglise tout entière. A lui la gloire pour l’éternité !

Amen.