Avis de décès: P. Georges MORAND

Anges Issy les Moulineaux
Le Père Georges MORAND vient de nous quitter ce mardi 28 janvier 2014 à l’âge de 84 ans après un grave AVC dans la nuit de vendredi à samedi dernier.
La messe des funérailles sera célébrée le vendredi 31 janvier 2014 en l’Eglise Saint-Pothin de Lyon à 13 h 30, suivie de l’inhumation à Villeurbanne à 15 h 30.
Né le 23 janvier 1930 à Paris (5e), le P. Morand a effectué ses études secondaires au Lycée Claude Bernard (Paris 16e). Elève au Grand Séminaire d’Issy-les-Moulineaux pendant deux ans puis au Séminaire des Carmes pendant quatre ans, ordonné prêtre aux Carmes à Pâques 1959 pour le diocèse de Paris, il a effectué sa Solitude en 1959-1960 et a été admis à Saint-Sulpice en 1961.

Etapes de son ministère: 1960-1962 : Directeur au Grand Séminaire de Versailles. – 1962-1966 : Secrétaire particulier de l’Archevêque de Paris. – 1966-1970 : Aumônier à l’Ecole Saint-Sulpice à Paris (6e). – 1970-1971 : Aumônier au Lycée Camille Sée à Paris (15e). – 1971-1983 : Chapelain à la Basilique du Sacré-Cœur Paris (8e). – 1983-1988 : Vicaire à la Trinité à Paris (9e). – 1988-1991 : Vicaire à St Léon à Paris (15e). – 1991-1996 : aumônier à l’hôpital Saint Joseph à Paris (14e). – 1996-1999 : Curé à St Léa à Paris (1er). – De 1999 à 2004 : Chargé d’accueil à la Cathédrale Notre-Dame (Paris) et au service de la communauté du Verbe de Vie. – 2004 : aumônier à la Maison St Louis-Marie Josselin (Vannes). – 2013 : Aumônier à la Communauté de Castelnau-d’Estrétefonds (31).

Que notre action de grâce et notre espérance nous rassemblent dans la foi.

 

 

Homélie pour la sépulture du P. Georges MORAND

Lyon (Saint-Pothin) le 31 janvier 2014

Lecture : Rm 6, 3-9

Psaume 22

Evangile : Mc 15, 33s ; 37-39 ; 16, 1-6

Depuis le premier matin de Pâques, les chrétiens ne cessent de fonder leur espérance sur le témoignage porté par ces pages d’Evangile. Elles sont tellement humaines ces pages d’Evangile… ou plutôt, elles rejoignent tellement l’expérience des hommes ces pages d’Evangile ! Déjà, les psaumes exprimaient l’humanité des hommes dans leur relation à Dieu,  manifestaient comme par anticipation l’humanité de Dieu Consolateur et Sauveur des hommes et de la création tout entière : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri de l’auteur du Psaume 21 est à la fois expression de l’homme croyant qui peine et souffre du silence de Dieu qui ne répond pas à ses prières, et aussi Parole du Dieu fait homme qui meurt sur la croix.

Depuis le premier matin de Pâques et la nouvelle que l’homme qui est mort, comme meurent les hommes, n’a pourtant pas été retenu dans la mort, les chrétiens ne cessent de fonder dans le témoignage porté par ces pages d’Evangile ce qui donne sens à la vie, à l’histoire, aux combats de l’humanité, aux tâtonnements des hommes qui cherchent à répondre à leur désir de vivre bien, de devenir meilleurs, d’être heureux et de rendre les autres heureux, au moins un peu, au moins autant que possible…

Frères et sœurs, celui qui nous réunit ce jour dans cette église Saint-Pothin si chère à son cœur et à sa famille, nous l’avons entendu, fut ordonné prêtre un jour de Pâques il y a 54 ans. Il a lu ces pages d’Evangile et elles sont devenues sa nourriture personnelle, l’aliment de sa foi de croyant et de son ministère de prêtre. Sur la Croix Jésus meurt, terrassé par le Mal qui défigure le monde et l’humanité : la haine, la violence, le mensonge, le péché l’emportent, et emportent aussi l’espérance que Jésus avait suscitée dans le cœur de tant de ses contemporains… Sur la Croix Jésus se laisse librement terrasser par le Mal (« Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » aimons-nous chanter le Jeudi Saint), il se laisse terrasser là, comme il s’était laissé baptiser par Jean au milieu des pécheurs au bord du Jourdain… Il laisse le Mal des hommes et du monde le toucher, et permet ainsi à sa divinité de plonger au plus profond de notre humanité fragile, vulnérable, marquée par toutes sortes de limites… Mais le Mal n’a pas le dernier mot et finalement les pages d’Evangile que les chrétiens proclament depuis le premier matin de Pâques affirment que c’est ainsi que Dieu a choisi de terrasser lui-même le Mal et la Mort. Et c’est une bonne nouvelle ! « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus le Crucifié ? Il est ressuscité ; il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Alléluia ! »

« Voici l’endroit où on l’avait déposé ». Elle me touche cette dernière phrase de l’évangile de Marc que nous venons d’entendre. De même que le mal et la mort appartiennent à l’expérience bien concrète de l’humanité, de même l’espérance de Pâques repose aussi sur du concret : « Voici l’endroit où on l’avait déposé ». Le mal qui a terrassé Jésus était bien réel, « Voici l’endroit où on l’avait déposé », mais de même, vous pouvez voir qu’il n’y est plus : il n’est pas ici, il est ressuscité ! N’ayez pas peur !

Tout au long de sa vie, le ministère du P. Morand, et notamment son ministère « très sulpicien » de directeur spirituel,  a été marqué par une forte conscience, et, probablement, expérience du Mal qui effraie et menace ce qu’il y a de plus humain et de plus divin en l’homme : son désir du Ciel, son espérance de voir un jour son Créateur et de partager pour toujours, et avec la Création tout entière, l’éternel dialogue d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je n’ai pas eu le temps de le connaître personnellement, mais je l’imagine reprendre à son compte les paroles de cet évangile de Pâques : « n’ayez pas peur ! Jésus est ressuscité, vainqueur du mal et de la mort ! » Les reprendre à son compte pour lui-même peut-être, et pour encourager tous ceux qu’il a servis au long de sa vie de prêtre. Il portait le prénom d’un saint connu pour son combat contre le dragon, figure de l’Ennemi éternel de Dieu,  et donc aussi des hommes : Georges. C’est avec les armes de la foi, de l’espérance et de la charité qu’au matin de Pâques ce combat a été définitivement gagné par Jésus. Le P. Morand le savait et était ministre de ce mystérieux combat.

« Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. (…) Ressuscité d’entre les morts le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir ». Sœurs et frères, membres de la famille du Père Morand, et vous qui l’avez connu, aimé, accompagné pendant des années ou seulement ces derniers mois, et en particulier ces derniers jours, vous qui avez été accompagnés et servis par lui, priez pour lui ! Ensemble, nous célébrons aujourd’hui l’eucharistie, ce même geste du Christ Sauveur qu’il a posé lui-même au nom de l’Eglise tout au long de sa vie de prêtre. Dans cette célébration de Pâques nous affirmons notre foi en la Miséricorde de Dieu, notre espérance en la Vie plus forte que le mal et la mort. Nous confions notre frère à la Miséricorde du Père, pour que lui soient pardonnés les manques de foi, d’espérance et de charité, et pour que lui soient ouvertes les portes de la vie éternelle. Que le seigneur console ceux à qui son départ cause beaucoup de peine, et que lui-même trouve désormais la paix.

Amen !

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