Solitude 2017: Chronique n°12

Chronique du 6 au 14 mai

Le chroniqueur de la semaine passée a rendu son texte avant la fin de la semaine. Comme les autres Solitaires, il était loin de soupçonner la surprise que la nature réservait pour le week-end. Dès le samedi 6, l’eau de la baie d’Hudson est montée au point d’inonder la piscine et le jardin. Le buste du Fondateur émergeait toujours fièrement au milieu d’une vaste étendue d’eau. Le lendemain, le bus est retourné à Oka à l’heure habituelle (16h), pour récupérer les Solitaires sinistrés et des affaires pour survivre plusieurs semaines. En effet, le désastre semblait tel que la Direction de la Solitude ne pensait pas pouvoir regagner Oka avant la fin de la retraite, c’est-à-dire avant début juin.
Afin de permettre aux Solitaires d’accéder à la maison cernée par l’élément liquide, Donat s’est montré particulièrement astucieux. Il a chargé les Solitaires sur une remorque attelée à sa voiture, permettant ainsi de traverser les profondeurs les pieds secs. La situation n’était pas sans rappeler la sortie à la Cabane à Sucre.

Donat et Diane ont eu du travail et des soucis. Le sous-sol de leur humble demeure a été inondé, tout comme celui de l’église paroissiale. Les tulipes, que Diane craignait devenir la victime de la voracité des écureuils, ont été noyées. L’électricité de la maison a dû être coupée. Les toilettes remboursaient.
Les Solitaires, d’un seul cœur, se sont pliés à la nécessité de poursuivre leur programme au GSM, maison qu’ils aiment bien, même si l’accès aux lieux d’aisance et à la zone Wifi y demande l’effort d’un petit voyage. Tout au long de la semaine, Mme Louise Couture a entretenu les Solitaires des enjeux de la formation humaine des candidats aux ministères, et des options prises à ce niveau par le GSM.
Un appel de Donat a porté une bonne nouvelle. Au fil des jours, l’eau avait baissé bien plus que prévu. Lui et son épouse insistaient que les Solitaires reviennent pour redonner vie à la maison. Après avoir pesé soigneusement les pours et les contres, les Solitaires se sont décidés dans le sens de la requête de Donat. Plus lourdement chargés que d’habitude (les affaires pour trois semaines…), les Solitaires ont pris le bus un peu plus tard que prévue, à 16h, dans une ambiance conviviale. Arrivés à Oka, ils sont reçus avec émotion par les gardiens de la maison. Des traces de l’inondation jalonnent tout le jardin. Les écureuils ont repris leur terrain de chasse, et menacent de nouveau ce qui reste des tulipes. Et il y des feuilles aux arbres : le printemps, enfin !