Sépulture du P. Paul ROUMANET

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Ce 31 janvier, une foule très nombreuse entourait notre confrère le P. Paul Roumanet, PSS. De très nombreux prêtres étaient là, du diocèse de Viviers, mais aussi de Paris, de Marseille, d’Aix-en-Provence et d’ailleurs. De très nombreux représentants de la Vie Consacrée, hommes et femmes, étaient là, à la veille de la fête de la Vie Consacrée, en cette année voulue par le pape « pour eux ». Le P. Roumanet les accompagnait dans le diocèse de l’Ardèche au nom de Mgr Blondel, évêque de Viviers.

« Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur lui ! »

Homélie du Supérieur Provincial:

2 Tm 4, 1-8
Ps 26
Jn 12, 24-30

« Allo Père, ici l’évêque de Viviers : j’ai une nouvelle terrible à vous annoncer… » Depuis cette 1ère annonce tellement bouleversante pour toutes celles et ceux qui aimaient le P. Paul Roumanet, ici à Aubenas et Saint-Privas, et ailleurs – à Paris et dans de nombreuses régions du monde –, depuis ce 1er choc il a bien fallu se faire à cette nouvelle qui nous fait tant de peine. Sa silhouette, sa voix, son regard et son sourire, sa présence vont nous manquer. Pendant ces quelques jours, beaucoup ont écrit pour exprimer leur reconnaissance pour la personne et pour le ministère du P. Roumanet. Ces messages viennent de Paris, de la région de Marseille, du Bénin, du Canada et d’un vaste « ailleurs » : nous sommes nombreux dans cette église Saint-Laurent, mais nombreux aussi ceux qui sont unis à cette célébration dans une communion amicale et spirituelle qui dépasse distances et frontières.

Aujourd’hui, la liturgie nous donne à entendre une autre nouvelle. Après le choc de la « terrible nouvelle », nous sommes réunis pour en accueillir une autre, pour accueillir une « Bonne Nouvelle ». Elle est portée par ces textes beaux et simples que nous venons d’entendre : ils sont Parole de Dieu pour nous. Ils nous disent que la vie est éternelle. Ils nous disent que nos vies ont du sens. Ils nous disent que nos vies peuvent être éprouvantes, et éprouvées. Ils nous disent que rien n’empêche Dieu de donner la vie, et de la donner en abondance.

« Mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? ‘’Père, sauve-moi de cette heure’’ ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! »

Celui que nous accompagnons aujourd’hui dans l’affection, dans l’amitié, dans la foi, était un homme, un chrétien, un prêtre, un serviteur des prêtres. La vie, ce qu’il avait reçu de sa famille, de son éducation, de sa culture, de son pays, de ses talents, et ce qu’il a fait de tout cela, avec l’aide de Dieu, ont façonné une personne aimable, un chrétien attaché à Dieu et à l’Eglise, un prêtre dévoué, heureux d’avoir donné sa vie un jour, pour le service de ses frères et sœurs, croyants et non croyants, riches et pauvres, bien dans les clous ou plus marginaux. Sa joie de prêtre aurait plu au pape François s’il l’avait connu ! Sa joie était sacramentelle : elle révélait le cœur de Dieu et conduisait à lui, visiblement et invisiblement : « Père, que ton nom soit sanctifié ! »

Ce prêtre a entendu l’appel à servir l’Eglise comme formateur de prêtres. Son long parcours dans les séminaires a été rappelé au début de cette messe. Ce prêtre diocésain de Viviers, lien que ne rompt jamais le fait de devenir Prêtre de Saint-Sulpice, a aussi été un pasteur heureux dans le ministère paroissial. Pendant ses seize années comme Curé de Saint-Sulpice, il n’a jamais cessé, pour autant, d’être formateur de prêtres. Cette paroisse de Paris est un peu particulière pour nous : elle est le lieu de naissance de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice. Son curé en particulier, exerce là un ministère qui le maintient en communion étroite avec le fondateur de cette Compagnie au 17ème siècle. Le P. Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice, a mis là en œuvre l’appel de Dieu à être un fondateur de séminaire. Son projet était de façonner dans le cœur des futurs prêtres le cœur même de Jésus, le Bon Pasteur, par la vie de prière, par l’étude, par le service de la paroisse, la catéchèse, le service des personnes les plus pauvres, par la vie communautaire et fraternelle des candidats au ministère. Le curé de Saint-Sulpice était à la fois un pasteur plein de zèle pour sa paroisse, et un modèle sacerdotal pour les futurs prêtres. Depuis, il en est ainsi de tous les curés de Saint-Sulpice. Nos jeunes confrères candidats sulpiciens, notamment africains et asiatiques, trouvent à la paroisse et auprès de son curé une famille et une maison, un grand frère, et un père. Depuis quelques années, pour un certain nombre d’entre eux, l’Ardèche était devenue un lieu de vacances actives, mais surtout d’amitié sulpicienne profonde : le P. Roumanet avait un amour sincère et un vrai charisme de paternité pour ses jeunes petits frères. Eux aussi sont un peu orphelins aujourd’hui, comme beaucoup : membres de sa famille, ses frères prêtres et diacres, son évêque, les personnes consacrées de ce diocèse, ses amis et nombreuses connaissances…

Oui la 1ère annonce terrible nous a fait mal, et nous sommes dans la peine. Pourtant nous demandons à Dieu qu’il mette en nous sa paix. Ceux qui ont la foi parmi nous rendent grâce à Dieu pour le serviteur de l’Evangile qu’il fut. Ô bien sûr tout n’a pas été parfait, probablement. Comme pour tous, les limites humaines et le péché lui ont sans doute fait commettre des maladresses. Mais cela ne nous empêche pas de rendre grâce à Dieu pour notre frère, et aussi de le confier à la miséricorde et à la tendresse du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Les mots de saint Paul dans la lettre à Timothée choisie pour cette messe, disent notre espérance et notre foi. Nous les disons pour notre ami : « (…) le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. »

C’est dans l’eucharistie que nous reconnaissons la plus sublime manifestation de la gloire de Dieu. En elle la terre et le Ciel sont unis éternellement, pour le salut du monde, pour sa guérison, pour sa paix et pour sa vie. Que le Seigneur accueille notre offrande, nos prières, la vie de notre ami, la vie de notre monde,

Amen !

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Le diocèse de Viviers a réalisé un livret d’hommage au P. Roumanet, recueillant un certain nombre de paroles prononcées au moment de sa sépulture, ou de messages de sympathie. Il est possible de s’en procurer auprès du secrétariat de l’évêque de Viviers ou auprès du Provincial de France à Paris.