Année Olier (Lucile Villey)


Peter W. Gray, PSS

25 juin 2017

19 – Première messe

À Saint-Sulpice, nous pensons d’abord à l’arrivée d’Olier comme curé : une messe d’août 1642, celle de “ses noces” avec la paroisse. Mais l’événement en impliquait un autre, 9 ans plus tôt : l’ordination ; et la première messe, en la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin 1633.

Converti, le jeune Olier hésitait : entrer chez les Chartreux – à Vauvert, derrière le Luxembourg – un désir lancinant. Ou devenir prêtre séculier ? Quel est le désir de Dieu sur lui ? La rencontre de Vincent de Paul fut décisive, avec une première expérience des missions dans les campagnes à l’abandon. Oui, Dieu lui indique un “ordre” supérieur, “plus important pour l’utilité de l’Église”, se dit-il. Ce sera “l’Ordre de Jésus-Christ”, un simple ministère apostolique de prêtre.

Sa mère avait eu, pour lui et pour elle, d’autres ambitions ; et lui-même ? C’est décidé. Sous la direction de Vincent, il prend part aux Exercices des ordinands de Saint-Lazare : 15 jours de préparation (une nouveauté !). Tout va très vite : sous-diaconat le 12 mars, diaconat le 26 avril ; prêtre le 21 mai, pour la fête de la Trinité – à la Chapelle de l’Archevêché. Olier attendra un mois avant de célébrer. Une pratique alors assez courante : se préparer dans la prière. Et puis sa cousine Madeleine de Bussy – qu’il avait encouragée à entrer au Carmel malgré l’opposition familiale – fera Profession religieuse le 24 juin.

C’est au Carmel qu’il célébrera sa première messe, y portant comme une double offrande, Madeleine, et lui-même “devenant hostie”. Las ! La splendide chasuble qu’il avait fait confectionner n’était pas prête. C’est à Notre Dame, le lendemain, qu’il la revêtira lors d’une deuxième messe.